L’Aigle-Montagne
Pigments naturels à la tempera
100 X 80

De part et d’autre du torrent, des pierres et des sapins, les montagnes lancent leur appel et, plus bas, tout doucement dans la vallée, un pinceau, un poème, un visage, leur font écho: tout peut commencer, s’ancrer dans le réel.

L’oiseau peut se poser là où son regard va librement. Ou s’envoler.

Et l’âme, avec lui.

On se retrouve alors saisi, surpris, pris en flagrant délit d’émotion joyeuse, comme un enfant en train de jouer, de dessiner son rêve, de se réinventer tout un univers à la haute mesure de son attente.

A moins que ne nous tombe dessus un gros rocher détaché du tableau, ou le blanc éclatant d’un éclair foudroyant pour écraser nos certitudes...

Cette vision porte loin, beau et vrai par temps clair, au-delà des sommets. Comme une soudaine évidence. Une sagesse retrouvée. Une espérance nouvelle. Un regain d’essentiel.

Qu’il est patient mais aussi exaltant, le difficile travail des amoureux du beau, des passionnés du ciel, qui se creusent chaque jour une marche de plus dans l’escalier des anges à grands coups de piolet, de brosse, de crayon. De larmes, de colères ou de joies.

A travers les modes, les arrivismes et les engouements éphémères.

Sans vouloir faire l’artiste à tout prix...

Il suffit de continuer à repeindre avec tendresse les vieux châteaux, les collégiales, les grands Cervin, la moindre pierre d’angle oubliée dans un coin d’huile ou d’aquarelle en trempant son pinceau dans l’eau des lacs, des hommes, des nuages.

Une fois l’œuvre libérée de soi, le tableau achevé, tout peut arriver.
Il nous suffit d’y croire..,